Il y avait des couleurs, mes couleurs, et mon espace.

Ton gris est venu remplir mon espace.

Je le vois, et je ne l’aime pas.

Ton gris qui envahit mon espace, qui effleure parfois le bord de mes couleurs, éteint mes couleurs et vide mon espace.

Ton gris est comme une eau trouble qui salit mes couleurs, qui vide mon espace, qui vide mon existence.

Ton gris essaye de conquérir mes couleurs, et d’envahir mon espace.

Je le vois et je le regarde.

Mes couleurs survivent, mais mon espace se vide, et se perd.  Je le vois disparaître.

Mon espace disparaît et ton gris s’installe partout, encore plus.

Je regarde ton gris, et j’essaye de l’étrangler, mais mon espace appelle ton vide, et se cache derrière ton gris.

Je regarde ton gris, ce gris qui me mouilles les yeux et les sens, mais je reste calme.

Toute mouillée je regarde ton gris, comme dans un transe.

Ton gris me remplit d’un vide plus profond que mon espace.  Je le sens ce vide profond et médiocre.  Je l’ai déjà sentit a plusieurs reprises.

Je sèche mes yeux, et je regarde ton gris…je souris et je l’éteins.

D’un souffle, ton gris s’en va, comme un nuage, comme du sable, comme une fumée dense d’une pipe éternelle.  Mon sourire angoisse ton gris, et je le regarde partir.

Encore une fois mon espace se remplit de mon vide.

Mon vide qui est moins profond que ton vide, ne me vide pas, mais remplit mon espace.

Mes yeux se sèchent, et je souris à mes couleurs qui remplissent mon espace, qui s’en foutent de mon vide, de ton vide et de toi.